L’Ordre des dentistes du Québec (ODQ) a publié à la mi-septembre un document de 80 pages intitulé « Lignes directrices : contrôle des infections et retraitement des dispositifs médicaux ». Il fixe notamment de nouvelles règles sur l’asepsie et la stérilisation, qui n’avaient pas été réévaluées depuis 2009. Ces nouvelles normes doivent être mises en application en 2023.
Or, selon de nombreux praticiens de la Belle province, interrogés dans la presse, le coût de la mise aux normes sera tellement élevé qu’ils mènera des confrères à fermer leur clinique ou à prendre des retraites anticipées. On parle d’investissement de plusieurs dizaines de milliers de dollars canadiens pour les cabinets qui devront revoir l’aménagement de leur salle de stérilisation et sa ventilation ainsi que l’aménagement obligatoire dans chaque clinique d’une « unité de retraitement des dispositifs médicaux ».
L’Association des chirurgiens-dentistes du Québec (ACDQ), a qualifié ce projet d’« exagéré » et d’« inutile ». Il alourdirait de 75 à 100 millions de dollars par an les dépenses des 2500 cliniques dentaires du Québec, rapporte le quotidien « Le Devoir » le 20 octobre. L’ACDQ se demande à quoi rime ce projet, « puisqu’on n’a déploré aucun incident de contamination, même en pleine pandémie ».
Face à la fronde, l’ODQ a fait amende honorable et souhaite « prendre la mesure des inquiétudes que l’application éventuelle de telles normes suscite ». Il promet de « prendre le temps de bien faire les choses et de s’assurer de maintenir l’accessibilité et la qualité des soins buccodentaires offerts à la population ». Il assure « qu’une fois adoptés, les changements requis seront accompagnés de délais réalistes pour s’y conformer ».
Canada : l’aide temporaire aux soins dentaires bientôt adoptée
Le régime temporaire de couverture des soins dentaires pour les moins de 12 ans a été adopté en troisième et dernière lecture à la Chambre des communes. Ce projet gouvernemental (lire ici) prévoit de verser 650 $ (489 €) par an pendant deux ans, non imposables, aux enfants de moins de 12 ans vivant dans les foyers dont les revenus annuels sont inférieurs à 67 700 €. Un demi-million d’enfants seraient concernés. La mesure coûterait environ 705 millions d’euros à l’Etat fédéral. Le projet doit encore être voté par le Sénat, ce qui semble n’être qu’une formalité.
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