Le tabagisme révélateur d’inégalités

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En 2016, plus d’un tiers des personnes de 15 à 75 ans déclaraient fumer en France et près de 3 Français sur 10 fumaient quotidiennement, selon une étude publiée dans le BEH (Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire) le 30 mai. Des prévalences stables depuis 2010. Mais au cours de cette période (2010-2016), le tabagisme est devenu un véritable marqueur des inégalités sociales. Sa prévalence a explosé chez les personnes sans diplôme (de 34 à 38,9 %) et celles aux revenus les plus bas (de 35,2 % à 37,5 %), tandis qu’elle reste la plus élevée pour les chômeurs (49,7 %). En cause, selon les auteurs : l’utilisation de la cigarette pour gérer le stress, la difficulté à se projeter dans l’avenir, la méfiance à l’égard des messages de prévention, le déni du risque, une dépendance nicotinique plus importante, une norme sociale en faveur du tabagisme ou des événements difficiles pendant l’enfance… Pourtant, les plus défavorisés tentent d’arrêter de fumer comme les autres, mais y parviennent moins souvent.
 
À l’inverse, des baisses de consommation significatives sont relevées chez les titulaires d’un diplôme supérieur au baccalauréat (de 23 % à 21 %) et les personnes gagnant mieux leur vie (de 23,5 % à 20,9 %).
 
Enfin, l’e-cigarette s’essouffle. En France, entre 2014 et 2016, la prévalence du vapotage quotidien et celle du vapotage occasionnel ont diminué. En 2016, 3,3 % des 15-75 ans utilisent la cigarette électronique (4 % des hommes, 2,6 % des femmes), et 2,5 % tous les jours. L’expérimentation n’augmente pas et concerne surtout les fumeurs (54 %), les usages quotidiens et occasionnels diminuent légèrement, notamment chez les plus jeunes (15-24 ans, de 2,1 à 1,2 %), « ce qui peut être interprété comme un phénomène de mode qui a tendance à s’estomper », selon les auteurs de l’étude. « Si l’e-cigarette apparaît comme une aide à l’arrêt du tabac pour une partie des fumeurs, elle semble donc progressivement abandonnée par ceux qui n’arrivent pas à arrêter de fumer et qui reviennent à une consommation exclusive de cigarettes », concluent-ils.

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