Enfants et adolescents voient trop de publicités pour les produits gras, salés et sucrés

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Information dentaire

Dans une étude publiée le 24 juin, Santé publique France (SPF) préconise d’interdire les publicités sur des produits à plus faible valeur nutritionnelle (gras, salés, sucrés, Nutri-Score D et E) à la télévision mais aussi sur Internet, aux moments où les enfants sont les plus nombreux devant les écrans.

Mais direz-vous, c’est déjà le cas ? En effet, depuis de longues années, les programmes jeunesses, notamment diffusés en matinée, font l’objet d’interdiction ou de restriction de publicité sur les chaînes publiques. Problème : les programmes concernés ne représentent 0,1 % de l’ensemble des programmes diffusés et moins de 0,5 % des programmes vus par les enfants… Car les usages ont largement évolué.

Désormais, la tranche horaire comprise entre 19h et 22h est la plus regardée, autant par les adultes que par les enfants (4-12 ans) et les adolescents. Et c’est justement sur cette tranche horaire que le plus gros volume de publicités est diffusé. « Ainsi, bien que le temps passé devant la télévision par les enfants et les adolescents ait diminué, le temps quotidien de publicités vues entre 2012 et 2018 a augmenté, passant en moyenne de 7 min à 9 min par jour », détaille SPF. Sans parler des pré-ados et ados qui passent également 2 h par jour en moyenne devant Internet….

Selon l’étude, en 2018, les publicités pour des produits Nutri-Score D et E représentent 53,3 % des publicités alimentaires vues par les enfants, 52,5 % des publicités vues par les adolescents, et 50,8 % des publicités vues par les adultes. 87,5 % des publicités pour des produits Nutri-Score D et E sont vues aux heures où plus de 10 % des enfants et des adolescents regardent la télévision. La moitié sont vues entre 19h et 22h, heure où plus de 20 % des enfants et des adolescents sont devant la télévision. « En outre, l’augmentation du temps passé sur Internet par les enfants et les adolescents laisse augurer une exposition bien plus massive aux publicités pour les produits gras, salés, sucrés, sans qu’il soit à ce jour possible de la mesurer », s’inquiète SPF.

Les investissements publicitaires alimentaires (alimentation, boissons et restauration) sur l’ensemble des médias s’élèvent à 1,1 milliard d’euros et représentent 9,3 % de l’ensemble des investissements estimés du marché publicitaire en 2018. 48 % des investissements publicitaires alimentaires sont consacré à des produits de Nutri-Score D et E. 60 % de ces budgets sont consacrés à la télévision, 20 % à l’Internet (site et réseaux sociaux).

« Aujourd’hui les études démontrant l’impact de la publicité sur les comportements alimentaires des enfants et des jeunes sont nombreuses, explique Anne-Juliette Serry, responsable de l’unité nutrition et activité physique à SPF. On sait qu’être exposé à la publicité pour des produits gras, sucrés, salés, crée des préférences et augmente la consommation de ce type de produits, cela augmente également les pressions des enfants exposés sur leurs parents, pour qu’ils en achètent. La publicité a un réel impact sur le comportement alimentaire des enfants et sur les consommations ». En France, selon l’étude Esteban menée en 2015, 17 % des enfants de 6 à 17 ans étaient en surpoids et, parmi eux 4 % étaient obèses.

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