Effets des élastiques de classe II à ancrage squelettique :

  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste n°5 - 15 décembre 2017
Information dentaire
Le traitement des malocclusions squelettiques de classe II par rétrognathie mandibulaire au moyen d’élastiques de classe II à ancrage squelettique est efficace et n’entraîne pas les effets dento-alvéolaires indésirables, observés lors du port d’un dispositif monobloc.

Étude pilote et nouvelle approche pour le traitement des malocclusions de classe II

Bien que de nombreux auteurs aient montré l’efficacité des dispositifs fonctionnels amovibles et fixes, leur utilisation s’accompagne fréquemment d’effets dentoalvéolaires indésirables, comme la vestibuloversion des incisives mandibulaires et la rétrusion des incisives maxillaires. D’autres approches ont été proposées, qui faisaient appel à des dispositifs Forsus associés à des ancrages temporaires de type minivis ou miniplaques.
L’objectif de cette étude pilote était d’évaluer les effets squelettiques, dentoalvéolaires et sur les tissus mous, d’élastiques de classe II à ancrage squelettique et les comparer avec ceux observés dans un groupe apparié de témoins traités par un appareil monobloc, pour corriger une malocclusion squelettique de classe II par rétrognathie mandibulaire.
 
Douze patients (6 filles, 6 garçons) ont été répartis au hasard en deux groupes. Dans le groupe des élastiques, six patients (12,9 ± 1,5 ans, 3 garçons, 3 filles) ont été traités avec des élastiques de classe II à ancrage squelettique. Deux miniplaques d’ancrage ont été placées sur les branches montantes de la mandibule et deux autres miniplaques ont été placées au maxillaire, de part et d’autre de l’orifice piriforme. Dans le groupe monobloc (3 garçons et 3 filles, âge moyen : 12,3 ± 1,6 ans), les patients ont porté un dispositif monobloc. Les changements observés à chaque phase du traitement ont été évalués à l’aide du test de Wilcoxon pour observations appariées. Les comparaisons intergroupes, à la phase initiale du traitement, ont été analysées par le test U de Mann-Whitney.
 
Les auteurs ont observé des différences statistiquement significatives entre les deux groupes pour les mesures Co-Gn, B-VRL, U1-PP, U1-VRL, Ls-VRL, avec une augmentation significative de ces paramètres dans le groupe élastiques (P <.05). Les incisives mandibulaires ont été vestibuloversées dans le groupe monobloc (5,45 ± 1,23 °), alors qu’elles étaient linguoversées dans le groupe élastiques (-3,01 ± 1,66 °; P <0,01).
 
Les auteurs concluent que les effets dentoalvéolaires indésirables, liés au port du dispositif monobloc, peuvent être éliminés en utilisant des élastiques de classe II avec un ancrage par miniplaques. Les résultats squelettiques favorables obtenus par des traitements avec des ancrages squelettiques montrent qu’ils pourraient constituer une option thérapeutique pour traiter les patients avec une malocclusion squelettique de classe II par rétrognathie mandibulaire.

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