« Patient management » et contrôle de la douleur postopératoire en implantologie orale. Proposition d’ordonnances antalgiques optimisées

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°5 - 10 février 2021 (page 66-72)
Information dentaire
Hier, notre culture judéo-chrétienne associait volontiers la douleur à l’élévation de notre condition humaine : se mettre en beauté (« il faut souffrir pour être belle »), accoucher (« tu enfanteras dans la douleur ») ou cheminer vers le paradis (le christ souffrant sur la croix et s’adressant au bon laron : « Tu seras avec moi au paradis ») : autant de moments où la douleur accompagne notre existence pour accéder à un mieux. À l’époque, la douleur semble une épreuve d’origine divine destinée à rendre méritables ces instants d’élévation qui jalonnent la vie.
Aujourd’hui, la culture occidentale perçoit la douleur à l’inverse. Cette dernière est devenue un inacceptable, un interdit. La douleur devient l’objet de reproches (« le Docteur m’a fait mal ») et peut être synonyme d’incompétence professionnelle (« ne va pas le consulter, il fait mal »). Ne pas avoir mal tend à devenir un droit (Loi Kouchner du 4 mars 2002).

Ainsi, les chirurgiens cherchent à contrôler la douleur postopératoire inhérente à leurs soins, car elle signe leur notoriété professionnelle, fonde la réputation de leurs thérapeutiques et participe ainsi à l’anxiété de leurs patients.

Elle est un sujet d’intérêt majeur des patients qui l’abordent systématiquement en consultation : « Docteur, est-ce que cela va faire mal » ?

Si les enjeux sont d’améliorer l’accès et les succès des traitements implantaires, comme l’acceptation et le confort des patients, une ordonnance antalgique adaptée serait une vraie perspective de progrès.

L’objet de l’article est d’adapter les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) en chirurgie buccale (2005) aux spécificités de l’implantologie orale et ainsi proposer les ordonnances postopératoires ajustées à notre compréhension actuelle de l’algie en implantologie.

Définition

Selon une définition de l’International Association for the Study of Pain (IASP) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la douleur est « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes ». La douleur est donc une expérience individuelle, multifactorielle et multidimensionnelle impliquant une prise en charge globale et pas seulement pharmacologique.

En implantologie orale, la douleur postopératoire est majoritairement immédiate, aiguë et nociceptive.

Elle peut plus rarement générer des neuropathies retardées (atteinte d’un tronc nerveux : nerf alvéolaire inférieur, anesthésie loco-régionale à l’épine de Spix, forage préimplantaire interférant avec le canal mandibulaire, décollement périosté à proximité du foramen mentonnier, incision périostées). Selon la HAS [1], pour la chirurgie buccale, les neuropathies postchirurgicales sont de 10 à 13 % en phase postopératoire immédiate. Il s’agit le plus souvent…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Implantologie

Article réservé à nos abonnés Rencontre avec Marwan Daas
Couronnes sur implants : les secrets de la réussite

Responsable de séance : Edouard Cristofari Intervenant : Marwan Daas Analyse esthétique L’observation clinique et esthétique constitue le point de départ incontournable....
Implantologie chirurgicale

Article réservé à nos abonnés Rencontre avec Pierre Keller :
gestion des tissus mous péri-implantaires

Responsable de séance : Franck Afota Extraction–implantation immédiate (EII) : volumes osseux et gingivaux suffisants Lorsque les volumes osseux et gingivaux sont...
Implantologie Implantologie chirurgicale

Article réservé à nos abonnés Gestion d’un défaut de cicatrisation du plancher sinusien à l’aide d’une membrane en magnésium : rapport de cas

L’élévation sinusienne par voie latérale est une technique fréquemment utilisée en implantologie pour compenser une perte osseuse verticale au niveau...
Implantologie chirurgicale

Article réservé à nos abonnés De l’hypersensibilité à la stabilité : une situation mucogingivale

Cas clinique Une patiente âgée de 34 ans, ne présentant aucune pathologie systémique connue et sans antécédents de tabagisme, consulte...
Implantologie chirurgicale

Article réservé à nos abonnés Récessions, hypersensibilité dentinaire et impact sur la qualité de vie

Cas clinique Une patiente vient consulter en raison de douleurs dentaires diffuses qui s’intensifient au brossage. Gênée par des récessions...
Implantologie

Article réservé à nos abonnés Hypersensibilité et récessions : l’apport du tunnel modifié

Objectif et phase thérapeutique Une patiente de 32 ans, non fumeuse, a été adressée pour la prise en charge de...