L’avulsion dentaire est un acte chirurgical courant souvent perçu comme une amputation par le patient. Il marque indéniablement sa psyché avec un impact variable selon les sensibilités et le vécu de chacun. Du point de vue médical, ce geste clinique commun, associé à la médication qui l’accompagne, peut avoir des répercussions sur l’état de santé général surtout chez les patients à risque. Dans le cadre d’un traitement implantaire, établir un plan de traitement chirurgical est plus complexe que l’acte d’extraction en soi. Extraction sans comblement ni aménagement muco-gingival (cicatrisation non assistée : CNA), préservation alvéolaire, régénération de l’alvéole, implantation immédiate ou différée, quand et pourquoi ? Une connaissance précise des phénomènes de cicatrisation et de leurs répercussions est nécessaire pour répondre à ces multiples questions et pour nous aider à choisir les thérapeutiques adéquates.
La démarche rationnelle actuelle, en accord avec la littérature scientifique, consiste à ne pas dissocier la réflexion sur l’avulsion de l’analyse du projet implantaire qui s’ensuit. Cependant, dans une démarche pédagogique, les différentes étapes de la réflexion seront traitées indépendamment pour les regrouper in fine dans une synthèse globale.
« Je prévois l’extraction d’une dent pour la remplacer par un implant. Je vais me poser une série de questions pour pouvoir établir mon plan de traitement. » Voici la démarche rationnelle qui sera explicitée ci-après.
Quel est le contexte global ?
L’état de santé général du patient est un élément important à considérer. Les contre-indications absolues à la pose des implants comme les situations à risque élevé d’endocardite infectieuse ou les zones osseuses irradiées imposent une approche différente d’une extraction dentaire. D’autres situations, plus nombreuses, supposent une adaptation du traitement pris…