Lésions lichénoïdes induites

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°31 - 18 septembre 2019
Information dentaire

Les lésions lichénoïdes induites sont des lésions qui simulent, sur le plan clinique ou histopathologique, un lichen plan, mais qui s’améliorent ou disparaissent après l’élimination du facteur inducteur (contact, médicamenteux, systémique).
Leur diagnostic est souvent fonction du contexte de survenue.

Cas 1

Motif de la consultation. Lésions jugales douloureuses survenues dans un contexte d’allogreffe de moelle osseuse.

Histoire de la maladie. Patient traité six mois auparavant pour une leucémie aiguë lymphoblastique par allogreffe de moelle osseuse. Il se plaignait de lésions jugales douloureuses. Les douleurs étaient apparues après l’arrêt du traitement immunosuppresseur par ciclosporine.

Interrogatoire. Il mettait en évidence des douleurs spontanées et à l’alimentation depuis deux mois.

Examen clinique. Il révélait une ulcération, de 1,5 cm de grand axe, de la joue bordée par une muqueuse atrophique et kératinisée.

Examen paraclinique. Aucun examen paraclinique n’a été réalisé car le contexte était suffisamment évocateur.

Synthèse. La lésion est caractéristique d’une réaction lichénoïde survenue dans le cadre d’une maladie du greffon contre l’hôte (Graft-Versus-Host Disease, GVHD).
La GVHD est l’une des principales complications de l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. Elle est secondaire à une réaction des cellules immuno-compétentes du donneur contre les cellules du receveur. Les lésions buccales de la GVHD ont une grande ressemblance clinique et histologique avec le lichen plan idiopathique. Le contexte de survenue permet de faire le diagnostic.
Le traitement de la GVHD repose sur une corticothérapie topique (clobetasol crème), des bains de bouche d’immuno-suppresseur (tacrolimus), la photothérapie extracorporelle ou la corticothérapie associée à des traitements immunosuppresseurs per os. Une surveillance endobuccale au long cours est nécessaire…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Dermatologie buccale

Article réservé à nos abonnés Intelligence artificielle et dépistage des lésions buccales : synthèse de la littérature

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée sur un large éventail d’applications médicales sous la forme de solutions...
Dermatologie buccale

Article réservé à nos abonnés Les langues et stomatites géographiques : ce que le chirurgien-dentiste doit savoir

Comment les symptômes s’expriment-ils ? Les langues et stomatites géographiques sont majoritairement asymptomatiques. Lorsque la douleur est présente, on observe...
Dermatologie buccale

Article réservé à nos abonnés Pigmentations buccales : quand les médicaments laissent leurs traces

Anamnèse Un homme de 71 ans, non-fumeur, est référé par son médecin traitant pour l’apparition récente de pigmentations au niveau...
Dermatologie buccale

Article réservé à nos abonnés La biopsie/exérèse de la muqueuse buccale en pratique de cabinet

Indications Les indications de la biopsie et de l’exérèse sont présentées dans la figure 1. Matériel nécessaire (fig. 2 à...
Dermatologie buccale

Article réservé à nos abonnés Les kératokystes : ce que le chirurgien-dentiste doit savoir

Quelles manifestations cliniques doivent alerter le praticien ? Le kératokyste isolé non syndromique ne présente pas de manifestations cliniques spécifiques. Il...
Dermatologie buccale

Article réservé à nos abonnés Macrochéilites de Miescher : il faut rechercher une maladie de Crohn ou une sarcoïdose

Cas 1 Motif de la consultation Homme de 52 ans qui a consulté pour une macrochéilite douloureuse de la lèvre...