La stomatodynie est une sensation de brûlure ou de dysesthésie intrabuccale, se répétant quotidiennement et plus de 2 heures par jour pendant plus de 3 mois, sans lésion causale évidente à l’examen clinique et aux examens complémentaires [1]. Cette douleur chronique survient dans une population bien définie de femmes ménopausées âgées en moyenne de 60 ans [2, 3].
La stomatodynie est associée à des modifications neuropathiques. Une dégénérescence axonale des fibres nerveuses épithéliales et sous-papillaires ainsi qu’une diminution de la densité des fibres nerveuses épithéliales suggèrent l’implication d’un mécanisme périphérique [4]. D’autres études en imagerie ont également suggéré un mécanisme central.
Elles ont montré un hypofonctionnement dopaminergique des neurones nigrostriataux ou putamen dans un groupe de patients atteints de stomatodynie [5-8]. Comme d’autres douleurs nociplastiques, la stomatodynie dépend probablement de plusieurs mécanismes physiopathologiques.
La prise en charge de cette pathologie reste un défi clinique majeur. La littérature scientifique explore diverses approches (thérapies locales, systémiques, interventions non pharmacologiques) [9]. Cependant, il existe peu d’études et les traitements donnent des résultats variables d’un patient à l’autre.
Nous rapportons ici le cas d’une patiente souffrant d’une stomatodynie particulièrement invalidante depuis 4 ans.
Démarche diagnostique
Interrogatoire médical
Une patiente de 61 ans est adressée par son médecin généraliste à la consultation « douleurs chroniques orofaciales » du CHU Estaing de Clermont-Ferrand pour des douleurs buccales accompagnées de dysgueusie, présentes depuis un an.
La patiente est secrétaire dans un centre de formation pour personnes porteuses de handicaps, elle est mariée, sans enfant. Concernant ses antécédents médicaux, elle présente une hypothyroïdie compensée par la prise…