Critères de décision et objectifs parodontaux du traitement des lésions endo-parodontales
Le point de vue du parodontiste

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°21 - 29 mai 2024 (page 32-38)
Information dentaire
La complexité clinique des lésions endo-parodontales (LEP) repose sur les nombreuses voies de communication physiopathologiques qu’entretiennent l’endodonte et le parodonte. Anatomiquement, le foramen apical, bien sûr, mais aussi les canaux latéraux et accessoires (notamment dans la zone de la furcation) et les tubuli dentinaires exposés sont autant de sources de contamination croisée. Les solutions de continuité dentaire, qu’elles soient iatrogènes (perforation), traumatiques (fractures) ou inflammatoires (résorptions) sont d’autres sources possibles de dissémination de l’infection pulpaire vers le parodonte. Une étude rétrospective chez l’homme (267 adultes, 7 105 dents) vient récemment de confirmer les études animales anciennes, montrant une association positive entre traitement canalaire inadéquat et paramètres parodontaux [1]. Il est donc crucial pour le maintien et/ou le rétablissement de la santé parodontale de diagnostiquer avec précision et de traiter les LEP.

Diagnostic parodontal et classification selon l’EFP des lésions endo-parodontales

De nombreuses classifications des LEP se sont succédé, basées sur l’étiologie, la chronologie ou la thérapeutique. Le système de classification le plus utilisé différenciait les lésions endodontiques pures, les lésions endodontiques primaires avec atteinte parodontale secondaire, les lésions parodontales pures, les lésions parodontales primaires avec atteinte endodontique secondaire et les lésions combinées [2] (fig. 1).

Cependant, utiliser l’origine primaire de l’infection ne semblait plus pertinent, puisque le traitement canalaire et le traitement parodontal sont nécessaires à la prise en charge des LEP. Ainsi, idéalement, le diagnostic et la classification de la LEP devraient être basés sur l’état actuel de la pathologie et sur le pronostic de la dent concernée, ce qui déterminerait la première étape de la planification du traitement global, à savoir le maintien ou l’avulsion de la dent [3].

La classification actuelle proposée lors du séminaire organisé par l’Académie Américaine de Parodontologie (AAP) et la Fédération Européenne de Parodontologie (EFP) en 2017 (tableau 1) différencie les LEP avec atteinte de l’intégrité radiculaire, des LEP sans atteinte de l’intégrité radiculaire. Puis, dans la catégorie des LEP sans atteinte de l’intégrité radiculaire, les patients atteints de parodontite des patients non atteints (parodonte sain).

Les LEP sont donc classées en fonction des signes et des symptômes ayant un impact direct sur leur pronostic de traitement [4].

Lorsqu’elles sont associées à un traumatisme récent (fêlure, fracture) ou à un événement iatrogène (perforation), elles se manifestent le plus souvent par un abcès associé à des douleurs.

Cependant, en l’absence d’altération de la surface radiculaire, les LEP peuvent évoluer de…

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