Nouvelles recommandations d’usage des antibiotiques en parodontologie

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  • Publié le . Paru dans Parodontologie Implantologie Orale, un nouveau regard n°1 - 15 mars 2025 (page 10-14)
Information dentaire

Recommandations du collège national des enseignants en parodontologie (CNEP) et de la société française de parodontologie et d’implantologie orale (SFPIO)

L’utilisation des antibiotiques en parodontologie et implantologie est le sujet de nombreuses interrogations de la part des chirurgiens-dentistes depuis de nombreuses années, à juste titre. Le changement de classification des maladies parodontales et péri-implantaires en 2017 et l’évolution des connaissances sur le bénéfice des antibiotiques en adjuvant de différentes thérapeutiques parodontales au cours de la dernière décennie rendent nécessaire une mise à jour des pratiques cliniques. En septembre 2024, s’est tenue à Lyon, lors des Journées du Collège national des enseignants en parodontologie, une session visant à élaborer des recommandations quant à l’usage des antibiotiques en parodontologie et implantologie. Pour cela, un panel d’experts a effectué une recherche extensive de la littérature scientifique et a discuté les principaux résultats afin de produire des recommandations claires basées sur les données probantes quand elles existent ou sur l’expérience clinique (avis d’experts).

Quand prescrire des antibiotiques comme adjuvant au traitement parodontal ? (Tableau 1)

« Les antibiotiques, ce n’est pas automatique ! » Slogan largement diffusé et clairement d’actualité dans notre domaine. Les indications de prescription antibiotique sont relativement restreintes en parodontologie comme l’indiquent les experts. Lors des situations d’urgence, le recours à la prescription antibiotique ne doit pas être systématique mais n’être envisagé qu’après un diagnostic précis.

Pour les patients présentant un abcès d’origine strictement parodontal, le recours à l’antibiothérapie n’est pas recommandé sauf si le patient présente une atteinte systémique associée (fièvre, adénopathies). Pour la majorité des patients présentant un abcès parodontal sans atteinte systémique, le traitement local sera suffisant pour juguler le problème (débridement de la lésion causale).

Autre pathologie potentiellement source de consultation en urgence, la maladie parodontale nécrosante. Cette pathologie nécessite une prise en charge rapide afin de réduire au maximum les séquelles potentielles et l’intensité des douleurs associées. Il est recommandé chez ces patients, la prescription de métronidazole à 500 mg, 3 fois par jour, pendant 7 jours, ce traitement devant être mis en place dès l’établissement du diagnostic. Cette prescription doit être associée à l’utilisation de chlorhexidine à 0,12 % ou 0,2 % en bain de bouche. Une réévaluation de la situation à court terme est nécessaire afin d’effectuer un débridement mécanique. Point nouveau et important, il est recommandé en cas d’amélioration notable au 4e jour d’arrêter la prise du traitement antibiotique.

En ce qui concerne l’utilisation des antibiotiques comme adjuvant au traitement de la parodontite, la prescription sera restreinte aux cas les plus avancés, que le patient soit fumeur ou non, à savoir les parodontites de stade…

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