Contexte
Avec 6 577 nouveaux cas et environ 1 665 décès chaque année, la France est classée sixième parmi les pays européens avec les taux d’incidence de cancer oral les plus élevés. Les chirurgiens-dentistes (CD) jouent un rôle essentiel dans la détection des lésions suspectes de malignité (LSM) lors de l’examen de la muqueuse buccale, étape cruciale pour le diagnostic précoce des cancers oraux. Malgré les progrès récents des traitements anticancéreux améliorant la prise en charge des cancers oraux, leur pronostic reste sombre du fait d’un diagnostic souvent tardif, à des stades avancés. Cette étude nationale avait comme objectif d’évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques des CD français vis-à-vis de la détection des LSM et de mettre en évidence des barrières à la réalisation de l’examen systématique des muqueuses buccales et des biopsies.
Matériel et méthodes
Une enquête transversale a été conduite entre juillet et octobre 2018. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire composé de 18 questions, et divisé en quatre sections : la première partie comprenait des données sociodémographiques telles que le type de pratique professionnelle, le lieu d’exercice, le lieu d’obtention du diplôme, la durée depuis l’obtention du diplôme et le nombre de patients traités par semaine ; la deuxième partie concernait l’approche diagnostique des LSM de la muqueuse buccale, les facteurs qui influencent l’examen systématique de la muqueuse buccale et le nombre de LSM diagnostiquées ; la troisième partie traitait de l’approche thérapeutique des LSM ; la dernière partie comportait des questions sur la formation en matière de détection et de traitement du cancer oral. Le questionnaire était anonyme et auto-administré. L’invitation à participer à l’enquête a été largement diffusée en utilisant les principaux réseaux de dentistes sur Facebook (« French…